mercredi 12 décembre 2012

Interview de Mathieu et Marie pour l’Amap



En introduction, et pour présenter notre fonctionnement un petit rappel pour ceux qui ne nous connaissent pas bien :
Nous sommes 2 anciens ingénieurs en mécanique industrielle qui avons décidé de nous lancer dans un projet agricole début 2011. Démissions posées, nous commençons des boulots saisonniers en juillet 2011 proche de la ferme de la famille de Marie (une ferme familiale -papa tonton tata- de 200 hectares de céréales et 50 vaches, en bio depuis 2002). A l'automne 2011, l'opportunité de reprendre une exploitation maraîchère bio sur 1,5 ha ( = 15 000m² dont 1000m² de serres non chauffées) dans le village de la ferme familiale s'offre à nous.
« Forts » de nos 3 mois d'inexpérience agricole, nous nous entourons de la famille pour la logistique et l'avance de fonds, de maraîchers et techniciens pour les conseils, entamons une formation à distance, et nous lançons dans ce projet pour démarrer les cultures en janvier 2012. C'est à cette époque que Gwenaëlle nous contacte pour approvisionner l'AMAP en cours de création de la cité des sciences. Le temps que ça pousse, et en juin 2012, nous commençons avec vous nos premiers paniers....
Aujourd'hui, nous fonctionnons avec 3 AMAP en région parisienne (qui représentent en équivalent « grands paniers » 90 paniers), 1 restaurant, nous vendons tous les samedis matins sur place, et nous écoulons nos surplus à 2 magasins BIOCOOP de la région.

Quelles sont vos satisfactions depuis que vous avez lancé l'amap ?
Les amapiens contents de leurs paniers ! Le métier est très prenant (en temps et en soucis!) et difficile physiquement et ça fait toujours plaisir de voir que l'on ne se donne pas a fond pour rien ! Bien sûr on ne peut pas contenter tout le monde tout le temps, mais les compliments sur la qualité des paniers font toujours chaud au cœur.

Qu'apporte le fait d'être en Amap par rapport au fonctionnement traditionnel ?
Le fonctionnement en AMAP est très rassurant pour les producteurs que nous sommes. Nous avons l'assurance de vendre la quasi-totalité de ce qu'on l'on plante / sème pour une saison complète. C'est un énorme avantage par rapport aux producteurs qui ne vendent qu'en marchés, qui ont une clientèle plus ou moins aléatoire.
De plus les amapiens sont souvent plus compréhensifs sur la « présentation » des légumes, et du coup, on gaspille beaucoup moins, car on ne calibre pas forcément nos légumes ( un concombre tordu est tout aussi bon qu'un concombre bien lisse et bien droit ).
En contrepartie, nous sommes conscients qu'imposer les légumes de la semaine à nos clients est un jeu difficile, car il faut essayer de contenter le plus de gens possible, en jonglant avec notre production, nos rendements, la météo etc.

Quelle est la partie de travail que vous aimez le plus (et le moins) ?
Les plus :
·         être maître de son temps ! Organiser sa journée, sa semaine, son année même, du début à la fin, en décidant de tout soi même. Être son propre patron quoi !
·         Travailler en plein air, à la campagne, en étant convaincu qu'avec un mode production biologique, notre impact sur l'environnement est moindre, et qu'on n’enrichit pas des fournisseurs de produits phytosanitaires dégueus qui tiennent les agriculteurs dans une spirale immorale, dans une région où agriculture rime surtout avec gros tracteur-gros pulvérisateur-exploitations de plus en plus élargies, etc.
·         Faire partie d'une économie locale à travers les AMAP qui sont des lieux de rencontres, ou à travers notre petit magasin à la ferme qui nous permet de tisser des liens avec nos voisins.
Les moins :
·         Qu'il pleuve, neige, vente ou fasse un soleil de plomb, ou qu'on soit dimanche après midi, des fois, quand faut y aller …
·         la difficulté de relativiser notre grande dépendance au climat et aux attaques de bestioles en tout genre.
·                     Faire les bottes de radis ! Une bonne corvée ...

Quelle est la journée de travail type ?
Nous distribuons nos 3 AMAPs les mardis. Donc dès le dimanche soir nous décidons approximativement de ce qu'il y aura dans les paniers de la semaine. Le lundi est consacré aux récoltes et à la préparation des paniers, souvent une journée bien remplie ! Le mardi, nous allons chacun notre tour en livraison : après la cueillette des « verdures » (salades, mâches, etc), départ 10h, pour une première distribution à Argenteuil de 12h15 à 13h30, la livraison de votre AMAP entre 16h30 et 18h, puis la dernière entre 19h et 21h dans le 20eme arr. Retour à la maison vers 23h. Les mercredis,jeudis et vendredis matins sont généralement consacrés à la culture en elle-même : préparation du sol (avec tracteur et outils attelés), semis ou repiquage des plants (que nous recevons toutes les 2 semaines), désherbage (manuel ou avec une bineuse montée sur le tracteur), entretien des cultures (taille, buttage, traitements, …). Le vendredi après midi est consacré à la préparation de notre vente à la ferme du samedi matin, qui se déroule de 10h à 13h. Nous essayons de travailler le moins possible le week-end, mais entre début mai et fin septembre, c'est pratiquement impossible. Il y a également un gros travail administratif, de commandes, de factures, de comptabilité, car nous mettons en culture et vendons pratiquement toute l'année.

Sans pesticides comment faites vous face aux maladies ? comment nourrisez-vous les sols ?
Une agriculture sans pesticide ne veut pas forcément dire sans traitements : il y a des produits autorisés en agriculture biologique dans des proportions restreintes et contrôlées, qui sont des produits naturels (i.e. Soit des minéraux/extraits minéraux (souffre contre les champignons d’oïdium, cuivre ou bouillie bordelaise contre le mildiou, etc) soit des extraits de plantes (purins d'ortie pour renforcer les plantes, purin d'ail pour éloigner les pucerons, ...)).
Nous pouvons également mettre en place la « lutte biologique » contre les attaques de parasites : il s'agit d'insectes « auxilliaires » qui sont élevés en ruches puis lâchés sur les cultures et qui sont les prédateurs desdits parasites. Ils rétablissent l'équilibre des populations, surtout sous serre ou le climat confiné est propice au développement très rapide des insectes et acariens.
Mais dans la plupart des cas, il faut surtout savoir accepter qu'il n'y a rien à faire et garder espoir pour les cultures suivantes ! Nous avons par exemple, cette année, perdu une planche (c'est à dire une bande de terre de 1,5m x 50m dédié à une seule culture) de concombres en mois de 3 jours car les acariens s'y sont développés trop rapidement pour qu'on puisse intervenir avec un lâché d'insectes auxiliaires.
Au niveau des engrais, nous travaillons avec le compost du fumier des vaches de la ferme familiale, et nous complétons par l'achat de compost en granulés de fientes d'oiseaux (riche en azote) et nous achetons également des minéraux qui sont en trop faibles proportions pour la culture légumière dans le compost. Notre système de production, plutôt traditionnel, a besoin d'apports constants en matière organique (=compost) et minéraux, pour que les légumes poussent correctement.
Réutilisez-vous les graines ?
Nous ne réutilisons pas nos graines, car c'est un énorme travail de collecte et de préparation, de tests et de stockage, sans avoir l'assurance de la bonne qualité des graines. L'équilibre économique en maraîchage, bio de surcroît, ne tient pas à grand-chose, et il est plus que nécessaire d'avoir des graines et des plants de bonne qualité : il y a tellement d'autres facteurs qui peuvent nous mettre en difficulté entre le début et la fin d'une culture qu'il nous est indispensable de nous assurer à la base. Cette année, nous avons perdu plus d'1/3 des poireaux que nous avons repiqués car les plants étaient de mauvaise qualité.

Faites vous de la biodynamie ?
Nous ne pratiquons pas la biodynamie. Étant tous deux de culture plutôt scientifique, les cotés empiriques et/ou « ésotériques » de la culture en biodynamie nous laissent perplexes. Mais nous sommes prêts à nous convertir si des explications logiques et rigoureuses viennent en étayer les pratiques.
Nous voudrions cependant essayer d'être le moins dépendants possible de ce qu'on achète et organiser un équilibre « autarcique » sur l'exploitation, et pourquoi pas tenter de mettre en place la permaculture. Mais c'est un travail technique important et pour l'instant, nous allons surtout nous concentrer pour gagner un peu d'expérience avant de nous lancer dans ce type d'aventure !

à partir de quel catalogue choisissez-vous vos produits ?
Nous travaillons surtout à partir de plants pour la majorité des légumes (c'est-à-dire que nous achetons des petits mottes de terre dans lesquelles une graine a déjà germé) ce qui permet aux légumes d'avoir de l'avance sur les mauvaises herbes et d'éviter les problèmes de pourrissement des graines en semis direct.
Nous nous approvisionnons chez un petit fournisseur ( BIOPLANTS) basé dans le pas-de-calais et qui fait des livraisons groupées en Picardie.
Pour tous les légumes-racines, impossibles à faire en plants, ainsi que les haricots et les petits pois, nous achetons nos graines dans la gamme bio du fournisseur VOLTZ. Pour être certifié en AB, il nous est interdit d'acheter des graines non certifiés « bio », comme nous aimerions, par exemple, en acheter chez Kokopelli .
Quelles sont les difficultés que vous rencontrez actuellement ? avez-vous des idées pour améliorer les choses ?
Actuellement, nous sommes dans la saison calme de l'année, et nous n'avons pas forcément de problème au niveau des cultures en elles-mêmes. Par contre, les grands froids arrivent et il va falloir qu'on trouve des moyens de protéger du gel nos légumes qui sont restés dehors, sous les serres (salades, mâches, épinards, blettes), et également les stocks que l'on a rentrés dans les bâtiments. Quelques ballots de paille et un petit radiateur d'appoint pour les stocks à l'intérieur, et 1 ou 2 couches de voiles de forçage pour les verdures sous serre feront l'affaire, on espère !
L'année s'est plutôt bien déroulée, et notre seul souci est l'eau : L'exploitation, lorsqu'on l'a reprise, était arrosée avec l'eau du réseau. Arroser avec de l'eau chère et potable ne nous convient pas, et nous avons décidé d'investir près de 20 000 € dans un forage. Malheureusement, celui-ci ne donne pas un débit d'eau assez important pour qu'on puisse arroser avec, et il va nous falloir trouver un plan B....

avez-vous réussi à vous salarier, et si oui envisagez vous d'embaucher une personne pour vous aider ?
Cette année, l'objectif pour nous était surtout technique, pour tenir nos engagements vis-à-vis des AMAP, à savoir fournir des légumes toutes les semaines, en plaçant la rentabilité de notre affaire en second plan, pour nous permettre de faire toutes les erreurs possibles sans se prendre la tête. Nous avons, à notre avis, pas trop mal réussi ce 1er objectif, et en faisant les comptes, la situation n'est pas catastrophique ! Cependant, nous ne produisons pas assez pour pouvoir en vivre tous les deux et rembourser les prêts que nous avons fait pour lancer notre activité. Nous espérons augmenter un peu le nombre de paniers l'année prochaine, et pourquoi pas faire un marché supplémentaire. Nous aimerions vraiment créer au moins 1 emploi salarié à plein temps (pour lui faire faire les bottes de radis!) mais nous attendons d'avoir atteint notre « régime de croisière » pour cela, qui arrivera sûrement en 2014.

et enfin qu'aimeriez vous dire aux amapiens que vous n'avez pas eu l'occasion d'exprimer ?
D'abord, nous vous remercions de votre engagement, car comme nous l'avons précisé, la commercialisation en AMAP est un véritable confort pour les producteurs, et nous sommes conscients que cet engagement n'est pas forcément facile pour vous !
Profitez de ce que l'AMAP offre une relation privilégiée entre producteur et consommateur pour nous dire ce qui va, ce qui ne va pas, ce que vous aimeriez, pour nous poser des questions, etc. Profitez-en également pour faire connaissance avec les collègues que vous ne croiseriez pas sans l'AMAP

mardi 11 décembre 2012

Dans nos paniers ce mardi 11 décembre 2012



Bonjour à tous.

Cette semaine, on profite des derniers choux fleurs de l'année :

 Petits Paniers :
- 1 pourpier
- 1 kg de carottes
- 1/2kg de pomme de terre
- 3 betteraves crues
- 0,7 kg de chou fleur
- 3 oignons.

Grands paniers: 
- 1 pain de sucre
- 1 kg de carottes
- 1 kg de pomme de terre
- 1 potimaron
- 1 coulis de tomates
- 3 betteraves crues
- chou romanesco
- 3 navets

A venir avant les vacances :

- des poireaux : on a beaucoup de souci avec nos poireaux ... Nous avions prévu d'en mettre très souvent dans les paniers d'hiver (de novembre à mars), mais malheureusement, nous avons eu des plants de très mauvaise qualité, ce qui fait qu'ils n'ont pas très bien poussé,  et des attaques d'insectes au mois d’août qui nous ont décimé presque la moitié de notre production. Heureusement, le poireau est un légume très rustique qui ne craint pas les fortes gelées (-15°C, ça lui fait pas peur !) et qui continue de pousser même à basse température. Nous avons bon espoir de les voir reprendre du poil de la bête en janvier, quand les jours commenceront à rallonger !

- Des lentilles vertes : une production de lentilles vertes bio de picardie, cultivée par la ferme familiale, plutôt spécialisée dans les céréales. 

lundi 3 décembre 2012

Salade de chou ou de rutabagas



Pour accommoder les légumes étranges dont vous inondent vos producteurs en cette saison, ma maman, cordon bleu, vous a préparé quelques recettes rapides et délicieuses : 

pour le chou :
 Salade savoyarde au chou
1 chou vert 2 oignons 3 pommes
1 fromage blanc le jus d’un citron
quelques grains de carvi (ou cumin)
10 cl huile d’olive sel poivre
* Laver le chou le couper ainsi que les oignons en lamelles
* Couper les pommes en dés. Mélanger fromage blanc, huile, jus de citron, carvi, sel et poivre. Y ajouter le chou, les oignons et les pommes Bien mélanger. Servir
Variante : saupoudrer de feuilles de menthe hachée ou de quelques raisins secs.


et pour les rutabagas :

Rutabagas en salade
*Eplucher les rutabagas les couper en 4 et les cuire dans l'eau bouillante salée 30mn ou 15 mn dans le panier de la cocotte minute.
* Egoutter, passer sous l'eau froide, couper en cubes, mettre dans un saladier. * Verser dessus le jus d'un citron, des échalotes émincées, 2 c à soupe de fromage blanc, du paprika, du sel, du poivre. Mélanger
* Servir sur un plat entouré de rondelles d'œufs durs, et parsemer de ciboulette.